Un diplôme à 2700 euros à l’UPVD…

Publié le par étudiant(e)s de gauche

Un diplôme à 2700 euros à l’UPVD…

 

fafa.jpg

 

Le conseil d’administration qui s’est tenu vendredi après-midi à l’université de Perpignan a entériné la création d’un DU préparatoire à l’entrée à l’IUT dont les frais d’inscriptions sont fixés à 2700 euros par étudiants.

Ce DU est destiné comme nous l’a fait entendre Daniel Sacco, directeur de l’IUT principalement à un public d’étudiants chinois aisés. Il s’agit pour ce professeur d’un moyen de permettre une meilleure intégration des étudiants asiatiques sur le campus et concerne 20 étudiants.

Cet argument est hypocrite. Comme beaucoup d’universités, Perpignan souffre sans doute de difficultés financières liées au désengagement de l’Etat.

 

L’ensemble des élus étudiants de droite comme de gauche voit dans cette création, une manière détournée de sélectionner une catégorie d’étudiants sur le seul critère dominant qui est l’argent. Il est important de noter que ce diplôme a été refusée par l’ensemble des représentants étudiants avec l’abstention de certains professeurs.

 

De nombreuses questions se posent quant à la pertinence d’une telle offre de formation.

Les diplômes d'établissement seront-ils de plus en plus utilisés par les facultés afin de multiplier leurs sources de revenus ?

Malgré une volonté de l’établissement de mettre un terme à l’inflation de DU (environ 120) au sein du campus, chiffre diminué des deux tiers, le risque est grand de voir d’autres départements de formation proposés des substituts de diplômes , à l’heure où de nombreuses licences et masters sont menacés.

 

En octroyant aux établissements d’enseignement supérieur une autonomie plus forte, passage aux compétences élargies en 2011 pour Perpignan, la loi sur l’autonomie des universités a accru les inégalités déjà fortes entre universités, fragilisant le service public d’enseignement supérieur. Déjà trop marquée par la reproduction sociale, l’Université française ne peut souffrir d’un nouvel obstacle à l’égalité des jeunes face au droit à bénéficier d’un haut niveau de formation.

 

Mellal Farid

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
<br /> Bonjour,<br /> <br /> Je suis en désaccord avec vous. En l'état du droit communautaire, les frais d'inscription pour les étudiants de l'UE sont semblables, alors même que ceux destinés aux étudiants venus d'ailleurs<br /> sont librement ajustables. Au nom de quoi voudrait-on accentuer les déséquilibres financiers de nos universités pour des étudiants qui n'ont pas contribué, fiscalement, à leurs moyens? Au<br /> Royaume-Uni les établissements ne se privent pas de tels mécanismes, avec des coûts de l'ordre de plus de 10 000 euros par an dans les grandes universités. Il ne me parait pas choquant que l'on<br /> exige davantage des étudiants non UE.<br /> <br /> De plus, concernant les DU, rien n'empêche les étudiants de ne pas souscrire aux offres proposées. Offres qui permettent, de plus, à une université de faire preuve d'un peu de créativité économique<br /> et non pas de rester enfermée dans des schémas budgétaires rigides.<br /> <br /> Cordialement,<br /> <br /> Jean<br /> <br /> <br />
Répondre